Julien Odic

Double Identité

Papa Mesk

25 mars / 12 mai 2019

Dans la continuité des œuvres diversifiées street art de Fontenay-sous-Bois, LaGaleru offre ses murs aux créations de l’artiste  Julien Odic, alias Papa Mesk.

Presque tous les graffeurs ont un nom, une signature, différente de leur identité. L’installation « Double Identité » met en exergue ce paradoxe, dans lequel la double identité de l’artiste joue un rôle de prise de conscience. Outre la question du statut de l’artiste urbain, jonglant entre la bombe et le pinceau, le propos nous questionne sur notre attitude ethnocentrique consistant, parfois, à juger la culture des autres selon nos propres standards culturels.

Expression artistique urbaine du XXIe siècle, entre underground et establishment, le graf et ses artistes semblent faire un grand écart permanent.

Pourtant  les deux pratiques ne sont pas contradictoires. Elles ne font simplement pas appel aux mêmes sensations, aux mêmes techniques.

L’installation « Double Identité » de l’artiste Papa Mesk nous fait prendre conscience qu’il est possible de revoir sa « grille de jugement », cet ensemble de croyances par lesquelles l’être humain confère une valeur positive ou négative à telle action, à telle idée.

Papa Mesk, de son vrai nom Julien Odic, est un Graffiti Artiste fontenaisien prolifique, membre fondateur du UTP crew, « Underground Tribal Painterz ».

Passionné d’art et de calligraphie, le style de ses tags est un mélange de ses influences issues du graffiti et de l’art contemporain.

L’évolution de son travail le conduit naturellement à utiliser la toile comme nouveau support. Travaillant à l’instinct par accumulation de tags, ses œuvres deviennent plus abstraites et les compositions plus graphiques. Dans une palette de couleurs à haute vibrance, chaque goutte, éclat et coulure fait l’objet d’une attention minutieuse.

www.papamesk.com

Fontenay-sous-Bois à travers les graffs :

L’histoire du Street Art à Fontenay-sous-Bois a commencé il y a déjà trente ans avec un collectif de jeunes fontenaysiens, les UTP (Underground Tribal Painters), qui s’empare des
murs dans le but d’égayer la ville. En 1989, la municipalité passe la première commande officielle
pour célébrer le bicentenaire de la Révolution, sur le thème de l’amitié entre les peuples. Avec ses
259 mètres de longueur sur 1m50, la fresque est, à l’époque, la plus grande réalisée en France. Le
Salon de l’Ephémère au même moment offre aussi un espace d’expression aux graffeurs. Fontenay
devient alors un modèle pour d’autres villes franciliennes et c’est le début d’une longue collaboration
avec les jeunes graffeurs fontenaysiens.

En 1993, différents lieux deviennent des terrains d’entrainement d’artistes ou de groupes d’artistes fontenaysiens, et attirent de nombreux autres graffeurs de la région parisienne.
D’autres murs passent à la couleur : la coulée verte, la MPT (espace Gérard Philippe), la piscine, la
salle de boxe, les quartiers Bois-Cadet et la Redoute…

Aujourd’hui, le savoir-faire des pionniers est toujours présent et plusieurs artistes urbains
s’expriment dans la Ville. Les rues de Fontenay deviennent au fil des années une galerie d’art en
évolution à ciel ouvert.

À partir de mars 2015, Fontenay-sous-Bois révéla la dynamique de « son Street Art », comme
patrimoine et lieu de création. À la Nef de la Halle Roublot, au cinéma « Le Kosmos », à l’Office de
Tourisme, à la Médiathèque, le public fut convié à des expositions, des performances en direct de
street artistes, à participer à des murs participatifs, à des ateliers d’écriture numérique et nomade et
à découvrir les œuvres qui jalonnent les rues de la ville au fil de balades individuelles ou de visites
guidées.

Fontenay-sous-Bois s’affirme donc comme lieu patrimonial et de création Street art.