Pierre Cendres

« RÉVOLUTION »

Du 5 juillet au 9 septembre 2017

Installation visible 24h / 24 et 7j /7

A LaGaleru et LaGaleru des Chemins

Cet été LaGaleru est lumière et ombre.

L’installation de l’artiste Pierre Cendres est une révolution.

Révolution est à prendre dans les deux sens du mot : rotation complète d’un astre et bouleversement important dans les structures sociales humaines.

Peut-on voir et établir des liens entre universel et individuel ? Peut-on rétablir le lien entre l’être humain et la nature ?

L’expérience proposée ici n’est pas celle où les objets sont fixes et doivent être regardés frontalement. L’installation est un cadre dans lequel l’attention du spectateur, lui-même en mouvement, est portée sur les transmutations de la réalité.

LaGaleru devient une architecture abritant la lumière, un hommage au soleil, moteur de toute vie sur terre, force créatrice, origine de l’humanité et précédent toute structure sociale. L’ombre portée, partie fondamentale dans la composition de l’ensemble, joue un rôle aussi important que les formes et les couleurs.

Ce jeu subtil de l’ombre et de la lumière est l’aspiration d’une œuvre qui se veut toujours en mouvement, en révolution perpétuelle, qui met en évidence « la fluidité universelle de la réalité ».

     

Quoi :

Installation    Révolution de Pierre Cendres

Révolution est une recherche composée des formes géométriques et de matières naturelles, ses dimensions et le positionnement de tous les éléments ont été calculés selon une journée spécifique de l’année dans le but de trouver des alignements et des « positions clés ». Des moments précis où l’installation se lit et se clarifie, où l’ensemble fait sens et le temps s’arrête. Dans l’intervalle de ces « positions clés », des compositions aléatoires et fluides faites des superpositions d’ombres colorées projetées épousent l’architecture de LaGaleru.

On pourra interpréter cette installation comme un œil géant qui regarde un soleil et une planète verte. L’oeil est composé d’un cercle doré, l’iris, peint sur les murs et d’un ballon, la pupille, pris entre la vitre et le mur du fond. Le cercle doré recouvre indistinctement la façade extérieure et le pan de mur du fond. Pour apercevoir l’œil, il faut se positionner dans un point précis du trottoir, où le ballon est visible dans le centre du cercle. Ce travail avec la perspective et la projection est là pour nous rendre conscient des mécanismes de la vision. Cette réflexion sur notre vision par la vision, n’est autre chose que la conscience qui prend conscience d’elle-même.

Le triangle rouge collé sur la façade est à la fois la représentation d’un cône de vision et d’un couteau menacent l’œil. Sur le triangle rouge se pose une planète verte en équilibre matérialisée par un kokedama (une sphère de mousse végétale plantée), ce petit globe vert suspendu est là pour nous alerter de la fragilité de notre planète. Le kokedama doit être arrosé régulièrement,

cette action demande un engagement de la part de l’artiste, un geste de manutention devenu performance parce que visible à travers la vitrine de laGaleru. L’espace devient un bocal, une serre, une copie de notre écosystème. Le moindre manquement dans l’arrosage sera fatal au kokedama, dans ce cas aussi un message sera passé au spectateur attentif.

Par le vide circulaire situé dans la base du triangle rouge on perçoit un cercle peint en doré, un soleil qui s’illumine quand la lumière du jour rebondit.

La mise en relation de la planète verte et du cercle doré se fait à un moment précis, une position clé, quand l’ombre du

kokedama se centre parfaitement dans le cercle. Cette éclipse en miniature, vue de loin, forme un autre œil qui, avec l’œil géant, compose un regard fugace observant le passant. Ou ne serait-ce pas plutôt un œil scrutant un autre œil ?

Un rôle crucial a été octroyé au symbolisme des couleurs, qui se définit d’abord comme un fait de société. Il est donné au rouge en forme de triangle le rôle de la dominante, qui recouvre la quasi-totalité de la façade, selon laquelle les autres couleurs se réfèrent. L’emploi des couleurs fait référence dans le cas du rouge au danger, à la révolution contre toutes les tyrannies, le vert du kokedama est synonyme d’écologie, le jaune le soleil, et le noir brillant du ballon, le noir fertile (en latin le niger).

Le travail de la lumière et de l’ombre, des formes et de leur position, récrée une sorte de cadran solaire, qui n’est au final qu’une ode au temps. Pas seulement au temps linéaire et mesurable mais à la nature plus mystérieuse du temps inscrite sous la surface de toutes choses.

Révolution est en même temps une paire d’yeux, un système solaire, une serre, un cadran solaire, une réflexion sur la nature du monde, sur l’aspect des choses.

Une création qui cherche une vérité toujours renouvelée des liens entre le Cosmos, l’écologie et l’homme, qui forge la mise en scène de l’impermanence présente dans la Nature et dans la nature profonde de l’homme.

Quel est le lien entre l’homme et la nature avant la société ? Cette installation s’appuie sur deux voies : l’astronomie et l’écologie. L’astronomie décrit la « belle histoire », le passé commun de l’Univers et de l’humanité ; l’écologie est une science de l’action présente et de son impact dans l’avenir.

En laissant place aux mouvements fondamentaux de la nature tels que le Soleil, tous les éléments entreront en résonance et feront profiter le passant d’un bref instant d’harmonie, source de la véritable révolution. Nous vivons un moment de crise mais, à l’intérieur du grand mouvement du devenir universel !

Qui :

Pierre Cendres est un des pseudonymes de Pedro Rodrigues.

Il est né à Lisbonne, il vit et travaille à Paris.

Depuis 2016 il œuvre dans son atelier à Montreuil.

Il a été lauréat du programme Hors les murs de l’Institut Français 2015.

Il a collaboré avec les Ateliers Jean Nouvel pendant 7 ans.

Depuis 2010 il travaille avec des médias aussi divers que la vidéo, la photographie, le dessin et la peinture. La science et l’architecture sont les deux pôles autour desquels son travail se construit.